Tourisme solidaire dans le village maya de San Miguel
  

Tourisme solidaire dans le village maya de San Miguel

San Miguel, Belize le 11/11/2010

 

Enfin un nouveau post apres 2 jours ou, pour une fois, Internet etait impossible a trouver !! 

Il y a parfois des moments ou une grande humilite vous envahit. Les 2 jours que je viens de passer en font partie.

Apres avoir quitte l’ile de Caye Caulker lundi matin, j’ai donc pu rejoinder – après 7 heures de bus tout de meme ! – Punta Gorda, petite ville tranquille de pecheurs, mais sans grand interet, au sud du pays. Punta Gorda est la ville principale du Toledo District, zone parsemee de villages mayas kekchis perdus au milieu de la jungle. Certains d’entre eux mettent en avant une forme d’ecotoutisme (= tourisme solidaire) base sur l’echange avec les habitants et la decouverte authentique de leur vie en echange d’une juste retribution. Je souhaitais le decouvrir et le GDR parlait d’une association qui le propose. Pas de chance, leurs locaux etaient fermes !! A l’office de tourisme (enfin.... un minuscule bureau…), ils m’ont alors donne le nom d’un village ou me rendre ainsi qu’un contact sur place. C’est ainsi que j’ai decouvert le lendemain matin le village de San Miguel, ou m’ont depose en pick-up un retraite americain et son fils avec lesquels j’avais sympathise le matin meme a la guesthouse ou je dormais.

 

Muni du seul nom de mon contact – Vicente – j’ai frappe a quelques portes du village et on m’a rapidement oriente vers sa “maison” (un cabanon en bois).  J’ai alors ete tres chaleureusement accueilli. J’ai pu deposer mes affaires dans un petit dortoir rudimentaire (dans lequel j’etais une nouvelle fois tout seul…) avant de partir a pied decouvrir un site maya meconnu : Lubaatun (45 min de marche).

 

A mon retour, et jusque hier soir, l’experience de mon sejour au village a vraiment ete une nouvelle decouverte pour moi. Si je dormais en effet dans mon petit cabanos, j’ai par contre partage tous mes repas chez des habitants du village, different a chaque fois. Cette decouverte relle et sans artifice de leur vie quotidienne est inoubliable. Bon, gastronomiquement parlant – soyons clairs – la n’etait pas trop l’interet ! Il faut raffoler des tortillas (galettes de mais qui accompagnent chaque repas et un peu lassantes a la longue….) des haricots rouges et de la soupe a chaque repas !  Quant aux boissons c'est un peu de chocolat ou de cafe soluble noye dans un grand verre d'eau...  Par contre, voir les femmes preparer puis cuire les tortillas sur le comal, plaque ronde en fonte chauffee au feu de bois, et discuter avec elles de la vie du village (je craignais que la langue soit l’espagnol mais heureusement, c’est l’anglais !) est vraiment un moment fort.

 

Le village compte 550 habitants. Chaque famille, quasi exclusivement des fermiers, cultive une parcelle de terre sur laquelle elle fait pousser alternativement des haricots et du mais pour se nourrir et parfois vendre l’excedent s’il y en a. Elle possede egalement quelques poules, un cochon (tout ce petit monde en liberte dans le village, on se reveille avec les porcs a sa porte !!) et parfois un cheval pour les plus “aisees” d’entre elles. Tandis que les hommes travaillent au “champ” (facon de parler vue la taille et le relief des parcelles !), les femmes s’occupent des taches menageres, de la cuisine, des enfants et fabriquent des objets artisanaux (essentiellement des broderies, des coliers de perles et des objets en rafia) vendus sur les marches et aux touristes. Le matin, elles se retouvent quotidiennement le long de la riviere qui traverse le village pour faire leur toilette, la vaisselle et laver le linge.

 

J’ai egalement partage de supers moments avec des enfants, emerveilles une nouvelle fois par l’appareil photo et par mes lunettes de soleil. Chacun s’en est donne a coeur joie pour prendre des photos. Toutes les photos d’enfants de l’album ont ete prises par eux ! (vive le numerique ou on ne craint pas de gaspiller de la pellicule !!)

 

J’ai meme aide l’un d’entre eux a faire ses devoirs de maths, aide ensuite sa grande soeur a cueillir des noix de coco avec une perche puis remis la chaine de velo de la petite derniere ! Je me suis souvent senti la curiosite du village mais avoir pu me rendre modestement un peu utile diminue au moins la sensation parfois presente du simple curieux un peu “voyeur”. J’ai meme assiste a une messe (note pour Cedric et Coco : en vrai kekchi cette fois !!) tres vivante et joyeuse car avec un groupe de musiciens. J’ai meme eu droit aux remerciement pour ma presence du pretre (ou du pasteur, je ne sais pas tres bien...) au debut de l'office !

 

Hier, j’ai visite une plantation de mais et parcouru un peu la jungle avec l’un des fermiers du village (j’ai donne mes premiers coups de machette !) avant de visiter le village avec une des habitante - pas bien bavarde – puis d’avoir droit a une presentation privee des objets artisanaux dans ma chambre par quelques villageoises (sorte de reunion Tupperware artisanale !!). Forcement, impossible de ne rien acheter dans ces condition mais c’est pour la bonne cause..

Bref une experience riche d’enseignement et qui me fait une nouvelle fois – si besoin etait – prendre conscience de notre statut d’occidental privilegie. La vie du village n’est en effet pas toujours rose loin s’en faut. La pauvrete est tres perceptible, l’education s’arrete a 13 ans pour les familles les plus pauvres (il faut ensuite payer les livres, des frais de scolarite et le transport pour aller a la “ville”). La meteo est parfois capricieuse pour les cultures ou devastatrice pour les habitations (l’ouragan El Nino a entierement detruit le village – evacue bien avant rassurez-vous – il y a 10 ans). Heureusement, une reelle solidarite entre villageois existe (bien que la jalousie entre les familles soit parfois perceptible), un esprit fort de famille et une profonde foi parviennent a maintenir les traditions. Des programmes educatifs gouvernementaux permettent a un nombre croissant d’enfants d’acceder aux etudes superieures (de 14 a 20 ans) ce qui est un vrai benefice mais les eloigne des villages car ils ne souhaitent ensuite plus reprendre l’activite fermiere familial. Eternel dilemme entre developpement et maintien des traditions…

Aujourd’hui, je quitte mon petit village pour decouvrir Bluee Creek Cave (une grotte) dans laquelle coule une eau translucide. Pas gagne car il n’y a pas de bus regulier ni de logement sur place… mais j’ai un nouveau contact dans le petit village a cote des grottes pour y passer la nuit et trouver ensuite un guide ! Esperons que je parviendrai a en revenir avant le decollage ;-)

 

Commentaires

 Corinne
merci de nous faire partager tes dernières aventures, cela a du être un super moment pour toi!
 Cécile
quelle belle expérience ! profite bien de tes derniers jours...
 Loïc+Mum
4 jours sans nouvelles, ça fait long ! Mais l'attente en valait la peine. Une étape vraiment très enrichissante pour toi. Profite bien de tes derniers jours, car il pleut en France, et il ne fait que maximum 15° !

Bon retour.



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